L'anorexie mentale dûe au plaisir de perdre du poids

L'anorexie mentale expliquée par le plaisir de perdre du poids

L'anorexie mentale serait davantage liée au plaisir de perdre du poids qu'à la crainte d'en gagner. Une découverte modifiant la prise en charge des patients.
(...) Le Pr Philip Gorwood, Le chef de service de la Clinique des maladies mentales et de l'encéphale au sein de l'hôpital Saint-Anne à Paris, et son équipe viennent d'apporter la preuve, dans une étude menée par l'Inserm, l'Université Paris Descartes et le Centre Hospitalier Sainte-Anne publiée dans Translational Psychiatry, que nous avions tout faux dans la compréhension des mécanismes de l'anorexie mentale. Il est admis depuis longtemps que ce trouble prend naissance dans une peur intense de grossir. Leurs résultats dévoilent, au contraire, qu'il est motivé par le plaisir de perdre du poids.
«Il s'agit d'un véritable changement de paradigme, déclare le Pr Gorwood. Avec ces découvertes, on passe du registre de la phobie à celui de l'addiction qui n'implique pas les mêmes circuits cérébraux. (...)», ajoute le médecin.
(...) Jusqu'à présent, trois critères étaient nécessaire pour diagnostiquer l'anorexie : la présence d'une restriction alimentaire, une perception déformée du poids ainsi qu'une peur intense de grossir. «Seul le premier est encore valide», selon les auteurs.

Du plaisir ressenti devant la maigreur

(...) Devant les images de personnes maigres ou obèses, les anorexiques et les sujets sains ont fait les mêmes estimations de poids, démentant l'idée d'une perception déformée du corps. Concernant le ressenti mesuré par conductance, la réaction face à une image de personne obèse fut classée comme «peu plaisante» quelques soit le groupe. En revanche, l'émotion éprouvée face à la maigreur diffère significativement: négative chez les sujets sains, elle est largement positive parmi les anorexiques.

La flexibilité cognitive aussi touchée

Cette réaction serait «génétiquement influencée» selon les auteurs, notamment via une mutation du gène de la BDNF, une protéine impliquée dans la survie des neurones, la neuroplasticité et le circuit de la récompense. 
(...) «Très souvent, les patients organisent leur environnement de manière à se focaliser sur la perte de poids, à tel point qu'ils n'arrivent plus à penser autrement, continue le médecin. Pour les faire sortir de ce cercle vicieux, il faut travailler leur neuroplasticité avec des exercices cognitifs spécifiques. C'est une piste à suivre».
Cependant, il reste du travail: «Le BDNF n'est qu'un des aspects du mécanisme de l'anorexie. Beaucoup d'autres facteurs sont encore à découvrir».

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